Sur les hauteurs de Jurançon, à la Chapelle de Rousse, Thomas Pissondes, qui exploite le Clos Labrée et préside la structure depuis quatre ans…

Sur les hauteurs de Jurançon, à la Chapelle de Rousse, Thomas Pissondes, qui exploite le Clos Labrée et préside la structure depuis quatre ans, sait l’importance de l’événement. Ils seront près d’une quarantaine d’exploitants mobilisés ce dimanche. « Pour certains, cela représente une organisation un peu lourde. D’autres ne participent pas chaque année » explique le viticulteur.

Briller localement

Marchés gourmands, stands, musiques, expositions, repas de la mi-journée dont l’organisation a parfois été confiée à des associations… chacun a mis les petits plats dans les grands pour réussir la manifestation qui, à défaut de viser le succès commercial, fait toujours, après un quart de siècle d’existence, office de vitrine pour l’appellation.

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Reste qu’aujourd’hui, ce rendez-vous, baptisé aussi « Sur la route des vins du Jurançon », n’est plus le seul levier de communication pour séduire les consommateurs. Au printemps dernier, les indépendants ont investi le boulevard des Pyrénées, drainant des milliers de personnes. Un événement auquel l’association songeait depuis quelques années et qui, fort du succès rencontré pour sa première, sera reconduit. Quant au magasin physique la Vinothèque, qui a ouvert sur la RN 134, il a également trouvé sa clientèle, captant un public plus touristique, qui roule vers les Pyrénées. Ou en revient.

Fin avril, l’événement la terrasse du jurançon a drainé des milliers de personnes sur le boulevard des Pyrénées


Fin avril, l’événement la terrasse du jurançon a drainé des milliers de personnes sur le boulevard des Pyrénées

M.Z

« Cela nous fait une sortie triptyque » commente Thomas Pissondes. Une toile commerciale qui permet de songer à faire évoluer la Maison des vins de Lacommande, siège de l’association aux cinq salariés, pour renforcer sa vocation muséale, pédagogique et patrimoniale, à l’instar de ce que d’autres filières agricoles ont déjà mis en œuvre sur d’autres terroirs.

Un re-ancrage, voulu par l’association, et qui répond à la nécessité de « ne pas s’endormir sur nos lauriers « dixit Thomas Pissondes. « Rien n’est jamais acquis. Il y a des populations qui se renouvellent, de nouveaux arrivants qui s’installent… Nous devons nous faire connaître auprès d’eux. » À cela, s’ajoutent des habitudes de consommation qui changent.

Accords mets-vins

Chez les Vignerons du Jurançon, on met en place une stratégie de communication axée sur les accords mets-vins. Le restaurateur étoilé Stéphane Carrade, qui a longtemps exploité un établissement dans la commune de Jurançon avant de migrer vers la Gironde, a ainsi été invité à plancher sur le sujet et désigné parrain de ces 25e portes ouvertes.

Aujourd’hui, près de la moitié des exploitations (26 sur 60) sont passées au bio ou sont encours de conversion.


Aujourd’hui, près de la moitié des exploitations (26 sur 60) sont passées au bio ou sont encours de conversion.

Archives PP

« Nous voulons notamment montrer que nos moelleux peuvent être consommés avec d’autres mets que du foie gras par exemple ». Et pas uniquement lors de certaines occasions. D’autant que plus légers et moins fruités que ceux issus d’autres appellations, les moelleux béarnais peuvent espérer rencontrer un public plus large.

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Le vignoble jurançonnais il est vrai ne connaît pas de difficultés économiques comme celles que rencontre, par exemple, celui de Bordeaux. Sa superficie augmente d’une quinzaine d’hectares chaque année et les indépendants, dont la production se partage désormais à parts égales entre moelleux et secs, ont vu arriver de nouvelles têtes, à la faveur de reprise ou de transmission. « De quoi avoir de nouvelles idées, avec de nouvelles énergies. » Aujourd’hui, près de la moitié des exploitations, soit 26 sur 60, sont passées en bio ou en cours de conversion. Une autre évolution qui répond aux attentes des consommateurs.

Plus d’export

Côté commerce, en plus de la vente directe, cavistes et restaurateurs dominent toujours le front des débouchés, même si certains domaines peuvent être dénichés dans les rayons de la moyenne ou grande distribution. A l’export, les consommateurs des pays européens comme l’Allemagne ou la Belgique, mais aussi d’autres continents comme le Japon, le Canada ou les USA peuvent goûter au jurançon. « Et il y a encore bien des marchés à explorer » conclut Thomas Pissondes. Tout en conservant celui des locaux avec des événements comme celui de dimanche.

Lien source : Viticulture : Jurançon à la conquête permanente des palais locaux