« Le cadre de vie que nous avons choisi est détérioré. La perspective d’implantation de la centrale à bitume, portée par l’entreprise Laborde, a fait naître des angoisses et rendu certains habitants malades », résume Gérard…

« Le cadre de vie que nous avons choisi est détérioré. La perspective d’implantation de la centrale à bitume, portée par l’entreprise Laborde, a fait naître des angoisses et rendu certains habitants malades », résume Gérard Portet, président de Sentinelle. Ces Escoutois s’inquiètent, en effet, des nuisances potentielles générées par la future installation industrielle, comme l’augmentation du trafic de camions, les risques de pollutions ou encore les odeurs.

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« La population dit non »

Lassés et déçus par le processus de concertation, dix particuliers et quatre sociétés riveraines dans la Zone d’activités (Z.A) du Gabarn ont décidé d’ester en justice contre l’unité de production de goudron. Leur dossier déposé auprès du tribunal administratif de Pau sera défendu par le cabinet palois de Marie-Claude Laborde-Appelle. Avant d’engager la procédure juridique, certains de ces résidents avaient participé aux réunions publiques et aux comités de pilotage, manifestant une « franche opposition ».

site de la future usine d'enrobé au ZA du Gabarn (crédits Benoît Rouzaud)


site de la future usine d’enrobé au ZA du Gabarn (crédits Benoît Rouzaud)

Benoît Rouzaud

« On a le sentiment d’avoir été trahi par la communauté de communes (ndlr : gestionnaire de la Z.A. du Gabarn où doit voir le jour la centrale). La population a dit non à ce projet et malgré tout il avance quand même », déplore Gérard Portet. Constitués en comité, ces riverains avaient réalisé une « consultation citoyenne » auprès des habitants situés à moins d’un kilomètre du site d’installation. Une démarche qui avait permis de recueillir « 400 signatures dont 180 à Escout », rappelle l’Escoutois.

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« Vivre tranquillement

Le « noyau dur » de ce collectif (« 20-25 personnes »)  pourrait ne pas en rester là. En effet, ce groupe a également créé « Sentinelle », une association destinée à « défendre l’environnement et le cadre de vie général des habitants, des espaces naturels dits des Gabarns ». Dans son viseur notamment : le contournement Gabarn – Gurmençon ou l’extension de l’unité de méthanisation de Précilhon. « On a l’impression de se faire attaquer de tous les côtés dans un territoire où l’on espérait vivre tranquillement », lâche le président de Sentinelle.

Si l’objet social de l’association l’empêche d’attaquer le permis de construire, il lui serait en revanche possible d’effectuer un recours contre l’autorisation d’exploiter délivrée par la préfecture à cette installation classée protection de l’environnement (ICPE). Une option à laquelle réfléchit encore Sentinelle. « Finalement, on sacrifie plusieurs centaines d’habitants au profit d’un projet qui prévoit la création de seulement trois emplois et doit faire gagner cinq jours de délais à la société Laborde. C’est privilégier l’enrichissement d’une entreprise au détriment d’une population », fustige Gérard Portet.

Une réunion publique attendue

Contacté, Guy Laborde qui s’apprête à célébrer les 60 ans de sa société de BTP, n’avait pas connaissance du recours déposé contre sa centrale. « C’est dans le délai, j’ignorais qu’une requête avait été déposée », assure le patron. Le chantier ne devrait pas commencer « avant 2023 », sauf avis contraire du tribunal. Un point d’étape réunissant tous les acteurs aurait dû être effectué au mois de juillet avec les habitants mais la réunion publique a finalement été reportée en septembre. Elle n’a toujours pas eu lieu. L’intercommunalité affirme qu’une réunion est prévue « prochainement ».

L’intercommunalité entre le « marteau et l’enclume »

Gestionnaire de la Zone d’activités du Gabarn, la communauté de communes du Haut-Béarn (CCHB) semble embarrassée par ce dossier. La collectivité étant prise en entre le marteau de la contestation des habitants et l’enclume des contraintes imposées par la réglementation. « L’intercommunalité a bien pris la mesure de l’opposition de la population à travers le processus de concertation. De l’autre côté, le permis de construire, instruit notamment par les services de l’État, est conforme aux normes en vigueur », explique Marx Oxibar, vice-président à la CCHB en charge du développement économique. Si les inquiétudes exprimées par les riverains sont « légitimes », l’élu souligne les amendements du projet obtenus grâce à ces discussions. « Des modifications ont été apportées, comme la réduction de la taille de la cheminée ou le durcissement des contrôles de l’activité de la centrale », complète le vice-président.

Lien source : Un recours déposé contre le permis de construire de la centrale d’enrobage de la zone du Gabarn