Si son coéquipier et talonneur Lucas Rey s’est dit frustré, déçu, c’est justement pour ça : parce que la Section, longtemps dans le match, s’est sabordée. « On était dans le match. Malheureusement on a eu des problèmes de discipline, notamment en deuxième mi-temps qui nous coûtent cher parce qu’on donne des munitions gratuites à l’adversaire. À ce niveau-là, contre des équipes comme Castres, sûres de leurs forces notamment devant, c’est compliqué. Ce n’est pas un détail, on le sait et ça nous coûte le match contre le C.O. »

Ce fut l’ingrédient manquant à ce qui aurait été un menu de fête. Le chef Piqueronies n’a pas dévoilé de secret : « Aujourd’hui, les garçons ont mis beaucoup d’ingrédients pour gagner. Il en manquait un pour assaisonner la sauce : la discipline, vous l’avez-vous comme moi. Notre sceau d’indiscipline, les fautes cumulées après notre essai refusé, ont fait que les Castrais ont eu facilement des occasions dans notre camp. Et ça, c’est bien dommage. »

« C’est récurrent »

Ce qui l’est d’autant plus, c’est que ce n’est pas un constat exceptionnel cette saison. « Nous sommes trop sifflés pour l’emporter. 13 pénalités contre 6, tout est dit. C’est récurrent, ce n’est pas que sur ce match », admettait Rey. C’était la cinquième fois cette saison que Pau a commis plus de fautes que son adversaire, le 6e match à plus de dix pénalités. Le deuxième match de rang à 13 pénalités après Brive.

Pas de quoi motiver à la création d’une « cellule discipline ». « On en parle tous ensemble et dans les différents groupes de travail également comme les rucks ou la défense, des domaines liés à la discipline, le ruck générant par exemple énormément de fautes », éclaire Rey. Mais un constat qui doit faire réfléchir la Section sur ce cap franchir une fois pour toutes. « Sur les trois précédents nous étions plutôt brillants, tempérait Sébastien Piqueronies Cela veut dire qu’on est capables, de temps en temps de faire preuve de discipline qui est liée à une confiance collective, une stabilité émotionnelle. Mais sur les deux derniers matches, il faut vite rectifier le tir. »

La stabilité émotionnelle qui a par exemple manqué après l’essai refusé à Hewat est une piste. Piqueronies ouvre le dossier : « on n’a pas su gérer cette frustration. Et c’est bien dommage : on fait des fautes stupides, bêtes qui permettent à Castres de sortir facilement de leur camp alors qu’ils étaient sous pression. On s’est mis en difficulté tout seul. »

La frustration ressentie à Castres doit aider à ce que cela ne se reproduise plus.

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