Rencontre avec Mario Ramsamy, l’ancien chanteur du groupe Images, puis du groupe Emile et Images, qui reprendra les tubes de son groupe et d’autres standards des années 80. Il a fait danser des millions de Français avec notamment « Les Démons de minuit », titre numéro 1 de l’année 1986 ou « Corps à corps », « Laissez-nous chanter », « Plus près des étoiles », « Capitaine Abandonné », « Maitresse »… sans jamais se lasser.

La rédaction…

Rencontre avec Mario Ramsamy, l’ancien chanteur du groupe Images, puis du groupe Emile et Images, qui reprendra les tubes de son groupe et d’autres standards des années 80. Il a fait danser des millions de Français avec notamment « Les Démons de minuit », titre numéro 1 de l’année 1986 ou « Corps à corps », « Laissez-nous chanter », « Plus près des étoiles », « Capitaine Abandonné », « Maitresse »… sans jamais se lasser.

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Vous êtes parmi les fidèles de cette série « Stars 80 ».

Je suis dans cette aventure depuis le début. Si on monte une tournée des années 80, comment pouvez-vous penser que « Les Démons de minuit » n’y soient pas ?

Comment est l’ambiance entre vous ?

Sur cette tournée, on n’a plus rien à prouver en tant qu’artiste. On est des marqueurs du temps. Quand je vois le parcours de certains, je suis époustouflé. On a quand même 35 ans de carrière et tout ce temps là se transforme en récit, en livre, en regard de compassion à l’égard de l’autre, chacun avec notre histoire.

Justement, 35 ans de carrière, ce n’est pas lassant ?

On ne peut pas se lasser de quelque chose qu’on a créé. Je pense que pour Images, « Les démons de minuit », ou pour Émile avec « Plus près des étoiles » ou « Capitaine abandonné », on a créé avec beaucoup d’amour et avec l’espoir de se sortir de l’ordinaire et d’être en haut de l’affiche. C’était une volonté depuis tout jeune. Je pense que pour chaque artiste c’est à peu près pareil. C’est une volonté, que l’on soit artiste auteur, compositeur ou musicien, de se projeter dans ce que l’on est en train de faire dans l’instant. On espère évidemment mettre du soleil dans le cœur de l’autre.

Vous vous projetiez jusqu’à aujourd’hui ?

Avant de faire dans la variété, j’étais dans le monde du jazz. En jazz, il faut connaître la musique et les notes parce que c’est beaucoup d’improvisation. En même temps, il y avait cette fameuse phrase qui disait que « le chant ne fait pas vivre son homme ». A un moment, on s’est dit qu’on pouvait se mettre au service de la variété. C’était un pari différent.

Vous aviez donc une solide culture de la musique à l’époque ce qui n’est peut-être pas tout à fait le cas de la toute nouvelle génération?

Disons que c’est un peu nous qui avons préparé le terrain pour eux. A l’époque, on devait inventer, avoir cette esprit de recherche. Jean-Luc Pujade, le batteur du groupe, est parti en Angleterre, rejoindre Monsieur Lynn qui a inventé la première boîte à rythme séquentiel. Jean-Luc s’est endetté de 150.000F (près de 23.000€) pour se payer la machine et pouvoir programmer ce qui a contribué à faire que « Les démons de minuit » existent.

Aujourd’hui, les jeunes vont sur Google ou sur une application et ils ont tout ça à leur disposition. Par exemple, si ta chanson est en do, ton programme te propose plusieurs harmonies en do. La musique aujourd’hui est souvent issue de kits. Donc, oui, dans les années 80, on leur a fortement mâché le travail. Je ne voudrais jamais tomber là-dedans mais j’adore ce que font certains comme Angèle qui crée encore des mélodies. Je trouve d’ailleurs qu’elle mériterait la récompense de l’année pour son album.

Avec Stars 80 vous voulez faire plaisir au public tout en vous faisant plaisir aussi ?

Cette vocation d’artiste chanteur, pour moi, c’est presque un sacerdoce. Les gens galérent dans leur vie de tous les jours. Ils savent ce que c’est que de se lever le matin pour aller travailler… Nous, on est artistes. On est notre propre patron donc on s’organise comme on veut ou quand on peut, quand on a l’inspiration.

Aujourd’hui, les gens sont obligés de faire face à la vie ce qui est de plus en plus difficile. Donc si je prends une personne qui se lève pour aller travailler tous les matins et qui prend un jour pour venir te voir… Tout ça a un prix. Ils se sacrifient encore un peu plus.

Si tu n’es pas à la hauteur, c’est que tu n’es pas un artiste et tu ne respectes pas la personne qui, elle, vit une vraie vie dans toute sa violence. C’est notre devoir en tant qu’artistes que de les regarder dans les yeux et de leur dire « merci ». Je veux les transporter dans les étoiles en leur disant : « Je vais chanter pour vous, je vais vous faire oublier pendant quatre minutes et demie, le temps d’une chanson, les peines et les joies, les aléas de la vie ».

Vous me parlez de quatre minutes et demie, je suppose que vous allez chanter un peu plus longtemps sur scène…

Oui ! Et puis on s’amuse à chanter les chansons des autres. Moi je chante « Take on me » de a-ha. On fait aussi « Un autre monde » de Téléphone… Je fais des séries de musiques pop et rock, comme ça, qui durent peut-être cinq minutes avec trois ou quatre artistes différents qui chantent des chansons qui leurs ont plu dans les années 80. Je trouve que ce Stars 80 devrait être remboursé par la Sécurité sociale. On arrive à donner de la joie aux gens et à les faire rêver encore très très fort. D’ailleurs, ils arrivent dans la salle parfois déguisés comme dans les années 80 pour faire la fête.

Votre public, ce sont plutôt des quadras, des quinquas ?

Je vais vous étonner, on n’en a des plus jeunes parce que ceux de notre génération à l’époque, ils ont fait écouter toutes ces chansons à leurs enfants. Aujourd’hui, il n’y a pas un mariage, un baptême, une réunion de famille où on ne passe pas « Les Démons de Minuit » ou « Capitaine Abandonné », « Femme Libérée » (Cookie Dingler) ou « Macumba » (Jean-Pierre Mader). C’est ancré dans la culture de la chanson française.

« Stars 80 – Encore ! », vendredi 17 mars, à 20h, au Zénith de Pau (allée Suzanne-Bacarisse). Tarifs : de 46 à 71€. Renseignements au 05.59.80.77.50 et sur https://www.zenith-pau.com/evenements/stars-80-encore/

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Lien source : “Stars 80”, de retour le 17 mars au Zénith de Pau : jusqu’au bout de la nuit !