Abder Agueb : « Le RCT aussi traverse une période délicate et va vouloir se racheter. On prend soit un bonus défensif, soit une branlée. Il faut arrêter l’hémorragie et de se raconter des histoires en se disant que ça ira mieux demain. On a besoin de solidarité, d’esprit d’équipe, d’un groupe de gagneurs et de combattants. Maintenant, il faut tenir un discours cash, hausser le ton, qu’il y ait une vraie prise de conscience sur la situation dans laquelle le club se trouve. Certains joueurs devraient aussi faire preuve de plus d’humilité ».

Sébastien Bria :« Je pense qu’il faut plus y aller avec des objectifs de comportement et de contenu plutôt que de victoire. Le groupe a passé dix jours ensemble entre la Coupe d’Europe et le stage à Saint-Tropez. Il a eu du temps pour travailler sur la cohésion, remettre les choses à…

Abder Agueb : « Le RCT aussi traverse une période délicate et va vouloir se racheter. On prend soit un bonus défensif, soit une branlée. Il faut arrêter l’hémorragie et de se raconter des histoires en se disant que ça ira mieux demain. On a besoin de solidarité, d’esprit d’équipe, d’un groupe de gagneurs et de combattants. Maintenant, il faut tenir un discours cash, hausser le ton, qu’il y ait une vraie prise de conscience sur la situation dans laquelle le club se trouve. Certains joueurs devraient aussi faire preuve de plus d’humilité ».

Sébastien Bria : « Je pense qu’il faut plus y aller avec des objectifs de comportement et de contenu plutôt que de victoire. Le groupe a passé dix jours ensemble entre la Coupe d’Europe et le stage à Saint-Tropez. Il a eu du temps pour travailler sur la cohésion, remettre les choses à plat ».

Vincent Campo : « Ce stage, c’est bien pour resserrer le groupe. Pour moi, les trois matchs d’ici la fin février sont cruciaux (à Toulon, Racing 92, à Perpignan, NDLR). Au soir de la 18e journée, tu sauras vraiment où tu es. Si tu vas à Mayol avec l’esprit conquérant, tu peux faire un truc. En général, avec de la discipline et de l’engagement, tu fais un truc à l’extérieur. Maintenant, il n’y a plus trop à calculer, il faut se donner à fond. S’ils font ça, on ne pourra pas leur en vouloir ».

L’Europe, un traumatisme ?

Vincent Campo : « Ce n’est jamais bon de sortir d’une compétition, il vaut mieux bâtir sur des victoires. Mais je ne pense pas que ça portera à conséquences. Le seul point positif, c’est qu’on a vu des jeunes issus de clubs amateurs du Béarn pointer le bout de leur nez. C’est encourageant pour le travail sur la formation ».

Sébastien Bria : « Je pense que cette fin ratée va être gérée. Évacuée, je ne sais pas, car c’est malgré tout un signe d’un manque de maîtrise, de sérénité, de confiance. Ça ressemble au scénario contre Lyon en Top 14 avant cette coupure. Tu es devant, il n’y a pas le feu et en quatre minutes, le château de cartes s’effondre. Ces défaites dans les derniers instants, il ne faut pas tirer un trait dessus mais les comprendre, les analyser ».

Abder Agueb : « La Coupe d’Europe, c’est l’occasion de faire tourner l’effectif, de créer de la cohésion, de s’éclater. La meilleure saison du club en Top 14, c’est celle où il a aussi fait une demi-finale de Challenge Cup. Pau n’a pas mis assez de cœur ni d’agressivité pour gagner face aux Cheetahs. Cette équipe ne joue pas, ne sait pas se faire mal. Cette élimination laissera peut-être des traces. Mais il y en avait déjà… »

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Pourquoi ça coince ?

Sébastien Bria : « Il n’y a plus la dynamique ni la fraîcheur d’octobre-novembre, où la Section avait la capacité à accentuer la vitesse dès qu’il y avait un franchissement. Elle déployait beaucoup d’énergie sur les zones de fractures, ça se passait le ballon debout. C’est désormais moins le cas. Il y a beaucoup de passages au sol, toujours risqués.

J’ai du mal à comprendre tous ces jeux au pied contre Bayonne et Lyon. J’entends que quand tu joues dans ton camp, tu t’exposes. Mais tu te mets en danger partout au rugby ! En revanche, près de tes 40 mètres, c’est la zone de combat la moins dense car l’adversaire doit alimenter un deuxième et un troisième rideau. Derrière, Pau a du potentiel et de la complémentarité avec des joueurs puissants, rapides et/ou techniques. C’est frustrant car tu vois qu’ils cherchent des solutions mais que les certitudes de l’automne sont envolées. Et ça fait mal à la tête ».

Vincent Campo : « Il faut être un peu plus tueurs quand il y a des matchs à ta portée. Comptablement et mentalement, ça aurait fait du bien. Le Top 14 est hyper relevé donc Pau doit se montrer plus constant dans la gestion. Une somme de petits détails fait que tu lâches des points donc tu commences à regarder derrière, à moins pousser les ballons. Les Palois sont moins dominateurs, retrouver cette saine agressivité est nécessaire pour porter des ballons, les tenir, mettre l’adversaire à la faute ».

Abder Agueb : « Cette équipe n’a pas de fonds de jeu. On parlait de rudesse en début de saison mais elle est trop tendre. Les adversaires viennent au Hameau chercher un résultat. Les Palois ressentent plus la peur de perdre que le désir de gagner. Ils sont fébriles, inconstants. Pour moi, au-delà du sportif, la Section Paloise manque d’ambitions. Elle réédite les mêmes erreurs et n’a pas avancé d’un iota depuis la remontée en 2015. Chaque saison, on a de bonnes périodes puis on retombe dans nos travers. Certains joueurs ne sont pas au niveau.

Je pense qu’on est un des clubs qui joue le plus au pied en Top 14. Mais si tu le fais, il faut monter et presser. Sinon, tu rends juste le ballon pour te faire culbuter et charger, ce qui souligne ton impuissance. Il faut garder le ballon, le tenir. Car quand tu avances, que tu cabosses l’adversaire, tu te mets en confiance et tu le fais douter ».

Quelles solutions ?

Abder Agueb : « Avec toute cette data, on a peut-être oublié un élément essentiel : l’humain. Il faut faire preuve de fierté, se battre pour ce club, se sublimer pour ce maillot. Parfois, on dirait qu’on part à l’abattoir. La culture de la Section n’est pas assez mise en avant. C’est un manque de respect envers notre patrimoine vert et blanc ».

Sébastien Bria : « Déjà, à un moment charnière, ce stage d’une semaine va permettre de faire un vrai bilan, co-construit, car Piqueronies ne doit pas être le seul à chercher des solutions. Le groupe doit aussi réfléchir, proposer. C’est l’occasion de trouver des explications claires sur ce qui ne va pas de réajuster ton plan de jeu, d’évoquer les attitudes ou comportements attendus. Ensuite, on dit souvent qu’il faut se recentrer sur les fondamentaux. Mais attention, ça peut donner lieu à des productions très stéréotypées. À la Section, on a toujours prôné un jeu vraiment complet ».

Vincent Campo : « Dans les moments durs, les leaders doivent assumer leur rôle. Il faut que joueurs et staff se resserrent, retravailler les basiques car avant le beau jeu, il faut retrouver une dynamique de victoire. Le danger c’est de s’éparpiller, alors qu’il vaut mieux s’appuyer sur ses forces. Le public a aussi sa part à faire en poussant derrière l’effectif pour qu’il se sente soutenu ».

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Optimistes ou pas ?

Vincent Campo : « Je suis inquiet, comme beaucoup de supporters. Mais ambitieux aussi. Il y a du bon travail au sein du club. Les joueurs doivent donner plus, mouiller le maillot, être encore plus déterminés. La Section doit être dominante, afficher sa fierté d’être Béarnaise. Jouer dur, à la maison au moins, ça ne demande aucun talent ».

Sébastien Bria : « Je ne suis ni optimiste, ni pessimiste. L’USAP a du mal à concrétiser ses temps forts et encaisse beaucoup de points sur ses temps faibles. Je ne la vois pas tout chambouler. Brive s’est recentré sur sa « connerie » légendaire et génétique, c’est-à-dire son gros caractère. J’attends confirmation car les contenus sont faiblards. Pau va aller jouer chez ces deux concurrents au maintien mais semble plus à l’aise à l’extérieur donc… »

Abder Agueb : « Je parle avec tout le monde de la Section et il y a de la tristesse, de la lassitude aussi. On en a marre de voir que cette équipe n’avance pas. Il faut se donner les moyens humains, structurels et stratégiques de grandir. Le problème, c’est que les Palois sont capables de battre Toulouse ou La Rochelle ces prochaines semaines. Mais il y a un manque de continuité et ils retombent vite dans un rugby stérile ».

Lien source : Section Paloise : pour nos experts, il faut « avoir de la fierté et se sublimer pour ce maillot »