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Comment avez-vous vécu la sortie du livre « Les Fossoyeurs » il y a un an ?

D’une part, j’ai été attristé de voir que l’on parlait encore une fois de nos Ehpad de manière négative. Je l’ai vécu comme l’illustration d’un dysfonctionnement qui doit représenter un très faible pourcentage de nos établissements. D’autre part, je me suis aussi dit naïvement que cela serait peut-être une opportunité d’une loi Grand âge pour qu’enfin on s’attaque au fond du problème, c’est-à-dire le taux d’encadrement de nos établissements.

Pourquoi ce taux d’encadrement est-il le nœud du problème ?

Le ratio d’encadrement devrait être au minimum de 8 salariés pour 10 résidents. Or il atteint péniblement aujourd’hui entre 6 et 6,5. En résumé nous n’avons que 65 salariés maximum pour 100 lits alors qu’il en faudrait au minimum 80. À titre de comparaison, dans le secteur du handicap, je dispose dans mon établissement d’une moyenne de 1,2 professionnel pour une personne handicapée.

Les Ehpad de Béarn et Soule ont-ils souffert des conséquences du scandale Orpea ?

Je ne pense pas globalement. Les personnes qui sont dans nos établissements les connaissent et y sont bien pour la grande majorité. À titre personnel, dans l’Ehpad que je dirige à Coulomme à Sauveterre-de-Béarn, nous n’avons pas eu besoin de rassurer les familles. Tous ont bien fait la part des choses même s’il peut y avoir parfois des dysfonctionnements de ci, de là dans la prise en charge. Cela a été plutôt pour nous un sujet de discussion sur le fond. Or ce ne sont pas les établissements qui sont responsables. On en revient au problème du taux d’encadrement.

Qu’est-ce que ce scandale a changé dans votre Ehpad ?

Nous avons essayé d’être encore plus transparents via le conseil de la vie social. C’est une instance qui nous permettait déjà de communiquer sur le coût des prestations, par exemple, les augmentations dans tel ou tel secteur…

À votre connaissance, y a-t-il eu des faits de maltraitance dénoncés en Béarn et Soule ?

Les contrôles ont commencé sur notre territoire comme partout en France. 1 400 ont déjà été réalisés via le plan de visite mis en place sur deux ans par les ARS. Cela dit, les ARS venaient déjà régulièrement dans nos Ehpad et je n’ai pas de retour concernant ces visites sur notre territoire.

Pensez-vous que la charte mise en place dans le secteur privé lucratif pourra rétablir la confiance ?

Cela semble être le b.a.-ba. La dérive liée au secteur financier est propre à ce secteur. Car dans le public nous n’avons pas de bénéfice, de dividende et d’actionnaire. J’espère que cette charte va ainsi permettre de rassurer les résidents du privé. Cela dit, j’ai l’impression que c’est plus l’État que l’on veut rassurer.

Où en est-on de la publication des indicateurs pour aider les familles à faire leur choix d’Ehpad ?

Je ne crois pas que les décrets soient passés. C’est la Haute autorité de santé qui disposera de ces indicateurs. Encore une fois, il s’agit d’une évaluation et de contrôle, or le principal enjeu, c’est plutôt les moyens !

Comment avez-vous vécu votre le très bon classement de votre Ephad dans le magazine « L’Obs » ?

Cela fait toujours plaisir de faire partie des 250 maisons de retraite sélectionnées parmi les 10 000 évaluées. Cela nous a permis de valoriser le travail des équipes. Félicitations à eux ! Pour autant, il faut avoir de l’humilité car je connais plein d’établissements sur notre territoire qui travaillent aussi bien, voire mieux et qui mériteraient d’en faire partie.

Lien source : Scandale Orpea un an après : quelles conséquences pour les Ehpad en Béarn et Soule