Publié en France en 2016 par les éditions Ototo, RE : Monster est un shônen manga créé en 2014 par le mangaka Kobayakawa Haruyoshi et dont le scénario de Kanekiru Kogitsune sort du lot des mangas habituels pour le meilleur comme pour le pire. Dans ce cas, il s'agit surtout du pire ! 

L’

histoire commençait pourtant bien : Kanata Tomokui se fait sauvagement assassiner par son amie d’enfance Aoi Kirimine qui pète brusquement un plomb (sans raison apparente d’ailleurs). Aussitôt réincarné, Kanata se réveille dans le corps d’un bébé gobelin. D’une intelligence bien supérieure à celle des autres membres de son espèce, le jeune homme maintenant baptisé Gobu-Rô va se donner la mission d’aider les membres de son village à devenir forts et civilisés. Gobu-Rô possède une autre particularité héritée de sa vie antérieure : « le pouvoir d’absorption » c’est-à-dire qu’il peut manger n’importe quoi pour en acquérir les caractéristiques. Accompagné de son ami Gobu-Kichi et de sa groupie Gobi-Mi, notre jeune héros décide de ne plus perdre de temps (l’espérance de vie des gobelins ne dépasse que rarement la vingtaine, vous comprenez) et de profiter de cette nouvelle vie qui lui a été offerte.

L’aventure insolite de RE : Monster

Premièrement, l’histoire de RE : Monster ressemble véritablement à un jeu vidéo : un héros naissant qui souhaite prendre les choses en main et aider son village en faisant preuve d’ingéniosité; l’apprentissage des compétences et des techniques de combat; la création d’armes et d’équipements; la voix-off qui résonne à l’intérieur de la tête du héros lorsqu’il découvre une compétence, qu’il change de niveau ou qu’il évolue en hobgobelin. Et lorsque l’histoire de RE : Monster s’éloigne un peu de cette logique de jeu vidéo, c’est pour nous montrer des scènes dérangeantes ou des fantasmes masculins typiquement utilisés dans beaucoup d’œuvres japonaises. Par exemple, Papy Gob qui a la trique en allant rejoindre les pauvres esclaves sexuelles du clan des gobelins, ou encore une humaine remerciant le héros de ne pas l’utiliser comme esclave sexuelle en lui faisant à manger. Du grand n’importe quoi !

« Même si cette parodie de jeu vidéo reste tout de même intéressante et dénote d’une certaine originalité, l’histoire n’y est que très peu développée. »

Graphiquement, le manga n’est pas non plus exceptionnel : des traits simples, des personnages typiques ainsi que des décors peu recherchés dans un ensemble chaotique. Le seul point positif de cette oeuvre atypique est le fait que l’on ressente véritablement l’évolution des personnages principaux et des membres de leur société de chapitre en chapitre. Que ce soit au niveau militaire, des mœurs ou de la mentalité, le village gobelin s’améliore grâce à la naissance de Gobu-Rô.

Un déroulement répétitif et barbant

En lisant cette œuvre, de nombreuses questions restent cependant dans l’expectative : le monde où est mort Kanata Tomikui est-il aussi celui où il s’est réincarné ? S’agit-il d’une autre dimension ? Pourquoi Kanata Tomokui semble-t-il tout droit sorti d’un jeu vidéo ? Et surtout, pourquoi peut-il manger tout ce qu’il trouve : des animaux, des cailloux, des membres de son espèce, du poison et bien d’autres choses inattendues ?

Si l’on met de coté ces incohérences, le manga peut ressembler à une adaptation d’un jeu vidéo humoristique où l’on passerait son temps à gérer son équipe, faire des combats aléatoires en se baladant dans la seule et unique forêt à proximité de la base, à manger tout et n’importe quoi pour faire évoluer ses compétences et à être « le héros sympa » à la Link (Legend of Zelda) qui règle les problèmes de tous les habitants du village.

Si ce manga peut paraître hilarant pour certains personnes, il reste néanmoins profondément ennuyant. Même si cette parodie de jeu vidéo reste tout de même intéressante et dénote d’une certaine originalité, l’histoire n’y est que très peu développée. Au final, RE : Monster nous offre du cannibalisme et des combats aléatoires et répétitifs couplés aux personnalités banales et stupides des gobelins, le tout sur fond de jeu vidéo de gestion un peu décalé. On ressent le machisme suintant d’un héros à la supériorité agaçante lorsqu’il vient en aide aux « pauvres femmes sans défense ». Cette œuvre se sert néanmoins de ces situations étranges pour expliquer l’évolution de la mentalité des gobelins. Militant pour une meilleure condition féminine, notre héros cherche depuis le début à abolir l’esclavagisme sexuel des humaines.

Tout ça pour dire que RE : Monster est plutôt décevant. Mais si vous cherchez un manga à lire pour vous vider le cerveau, il est tout simplement parfait !



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