En 1973, une grave crise éclate entre les champions français et la Fédération Française de Ski. Un clash éclate le 9 décembre. Les 6 meilleurs compétiteurs français de l’époque sont exclus : Henri Duvillard, Britt et Ingrid Lafforgue, Jean-Noël Augert, Roger Rossat-Mignod et Patrick Russell. Le conflit porte sur le statut désuet des sportifs et sur le manque de considération dont ils faisaient l’objet. Philippe Barroso se souvient : « À cette époque, toutes les fédérations internationales de ski accordaient un salaire aux sportifs de haut niveau. Toutes, sauf la France ! On nous payait simplement les frais de déplacement et d’hébergement ».

Dans le grand bain à 17 ans

L’équipe de France ainsi décapitée mettra une décennie pour retrouver un niveau international. C’est dans ce contexte que Philippe, tout juste âgé de 17 ans, est appelé en sélection nationale. « J’ai donné tout ce que j’ai pu donner au sein d’une Fédération complètement dépassée et désorganisée ; on changeait d’entraîneur tous les trois mois ; les séances d’entraînement étaient subitement annulées. Pendant ce temps-là, il nous était impossible de poursuivre nos études et nos formations professionnelles. Les Américains, les Canadiens, les Suisses, les Autrichiens, les Italiens… recevaient un salaire qui leur permettait de vivre décemment. En outre, ils avaient droit à une reconversion. Nous, rien ! ».

Dans ces conditions, difficile de se battre efficacement face à des cadors comme Ingemar Stenmark, Franz Klammer, Gustavo Thöni, Piero Gros…

En 1977, Philippe Barroso claque la porte de l’équipe de France et signe un contrat commercial de 4 ans avec la marque de ski autrichienne « Atomic ». Durant ses quatre années passées en équipe de France, sur le plan sportif, Philippe n’a pas démérité avec notamment une 9e place aux championnats du monde de slalom à Saint-Moritz (Suisse), ou une autre 9e place en Coupe du monde de slalom géant, à Madonna di Campiglio (Italie) . Ce jour-là, il devance la légende Ingemar Stenmark ! Le skieur palois dispute aussi les Jeux Olympiques d’Innsbrück en Autiche et termine 25e du slalom géant.

La tentation du Brésil

En 1980, Philippe Barroso décide de prendre une année sabbatique. Il part vivre au Brésil, à Rio de Janeiro (très exactement à Copacabana). le Changement de décor (et de climat) est radical ! « Et dire que j’ai failli rester au Brésil !, confie l’ancien champion de ski. En effet, la grande entreprise pharmaceutique brésilienne Sandoz m’avait proposé un contrat d’attaché commercial. Mais, l’appel de Gourette fut plus fort » !

Car Philippe Barroso a la station béarnaise dans le coeur. En 1981, il crée sa propre école de ski « Ski École Pyrénées » qui fonctionnera durant sept années avec 10 moniteurs. Entre-temps, en 1982, il ouvre une agence immobilière qui gère aujourd’hui la toute nouvelle résidence haut de gamme « Le Portillo ». À Gourette encore forcément. Là où tout commence, et tout se poursuit…

Ligne de vie

État civil Naissance à Pau, le 1er août 1955 ; marié, 4 enfants.
Formation Études au lycée Louis Barthou ; obtient le bac D par correspondance + 1 an de droit à la fac de Pau
Ski Entre en équipe de France « Espoirs » à 15 ans, puis en équipe nationale en 1973 jusqu’en 1977. ; 17 fois champion de France, spécialité « slalom géant » ; 9e aux championnats du monde à Saint-Moritz (Suisse) en 1974.
Professionnel Agent immobilier à Gourette depuis 1982.

Philippe Barroso aux Championnats du Monde, en slalom géant, à Saint-Moritz (Suisse) Photo DR


Philippe Barroso aux Championnats du Monde, en slalom géant, à Saint-Moritz (Suisse) Photo DR

Lien source : Philippe Barroso, 17 fois champion de France de ski : Gourette, c’est sa vie