Des gens déjà scolarisés

« La Pépinière, avec sa maison des habitants, est un endroit où les personnes arrivent à se confier. Notamment sur leur illettrisme. C’est donc d’elles, et des données que nous commencions à recevoir de partout, qu’est née il y a deux ans l’idée de monter un réseau dédié à cette cause », explique Viriginie Gagniere, conseillère en économie sociale et familiale, devenue l’animatrice du réseau.

La rédaction vous conseille

« Quand nous recevions des personnes illettrées, nous les orientions vers des cours de français, de type de ceux proposés aux étrangers. Mais aujourd’hui, nous savons que ce n’est pas la bonne réponse. Et beaucoup de structures étaient comme nous. Elles identifiaient une personne illettrée et après ne savaient pas à qui les adresser à Pau », ajoute Julie Jouandet.

L’illettrisme n’est, en effet, pas l’analphabétisme. Selon l’Agence Nationale de Lutte Contre l’Illettrisme : « On parle d’illettrisme pour des personnes qui, après avoir été scolarisées en France, n’ont pas acquis une maîtrise suffisante de la lecture, de l’écriture, du calcul, des compétences de base, pour être autonomes dans les situations simples de la vie courante. »

Un seul interlocuteur : Virginie

Aujourd’hui, tous habitants de l’agglo peuvent appeler Virginie à la Pépinière. « Je les reçois ici, autour d’un café dans une ambiance détendue. L’objectif, c’est de leur redonner confiance. Certains sont angoissés rien qu’en voyant un stylo et une feuille. Il y a parfois un vrai traumatisme lié à l’école », observe-t-elle.

Une fois ce cap passé, les personnes sont orientées vers deux centres de formation à Pau, le Greta et l’AFEPT, pour des cours collectifs de 4 à 6 demi-journées par semaine assurés. Soit vers des rencontres individuelles d’une à deux heures hebdomadaires avec l’un des cinq bénévoles de la Pépinière. L’objectif est de développer les savoirs de base et surtout la confiance en soi. Ces deux formations, financées par la Région, sont gratuites pour ses bénéficiaires.

Dans tous les cas, les personnes qui franchissent la porte de la Pépinière ont eu un déclic. « Il y a forcément un élément déclencheur. Soit, c’est par obligation professionnelle. Les gens ont besoin de réapprendre à écrire pour une reconversion ou changer de poste. Soit à cause de motifs familiaux, pour lire des histoires à leurs enfants, suivre leur scolarité. Ou tout simplement pour des questions de mobilité. Prendre le bus quand on ne peut pas lire, c’est quasi-mission impossible », développe Julie.

La rédaction vous conseille

Le directeur de la Pépinière, Simon Allard, constate que l’illettrisme reste « vécu comme une tare sociale » et qu’il est toujours difficile d’identifier “ces personnes qui usent de stratagèmes pour contourner les difficultés ».

Depuis l’ouverture du réseau, la Pépinière a suivi treize adultes âgés de 22 à 64 ans et accompagne aujourd’hui huit personnes. « Contre cinq il y a six mois », précise le directeur qui sent une montée en puissance du dispositif. Notamment grâce à l’engagement de personnalités. Au début du mois, le chanteur Kendji Girac a dévoilé, grâce au téléfilm « Champion » diffusé sur TF1, ses difficultés d’apprentissage. « En faisant ça, il a mis en lumière ce problème social », salue Virginie, touchée par son témoignage. Un exemple à suivre.

Pour toute information, contacter Virginie Gagniere, animatrice réseau illettrisme au 05 59 92 07/00, au centre social de la Pépinière, 4-8 avenue Robert-Schuman.

Lien source : Pau : la Pépinière répond au défi de l’illettrisme