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Il est vrai de dire que le genre du yaoi/shônen-ai se plaît à aborder divers thèmes. Mais on peut souvent lui reprocher de chercher à mettre en scène des romances et/ou des scènes érotiques dans les cadres les plus originaux et atypiques qui soient, plutôt que de chercher à réellement exploiter les spécificités dudit cadre pour raconter une histoire intéressante. Qu’en est-il de No.6 ?

 

Après une guerre qui a presque décimé l’humanité entière, la population s’est répartie dans six zones différentes, où le commandement est assuré par une minorité faisant autorité. Shion habite avec sa mère dans l’une de ces six zones : No.6 ; et plus encore, dans la zone la plus prestigieuse, Chronos, puisqu’il a été jugé d’une extrême intelligence. Toutefois, parce qu’il aura hébergé un garçon, dénommé Nezumi, ayant fui l’institut correctionnel dans lequel sont placés les rejetés de la société, lui et sa mère seront envoyés à Lost town et jouiront de moins de luxe qu’auparavant. Quatre ans plus tard, Shion est témoin d’une maladie qui précipite le vieillissement des individus jusqu’à les tuer. Et c’est à partir de là qu’il sera amené à découvrir les secrets les plus obscurs qu’une cité aussi utopique que No.6 peut cacher.

Première chose à faire remarquer : No.6 est un anime intelligent et bien pensé. Intéressons-nous d’abord à la forme : l’animation est globalement bien gérée. Le dessin est classique (et peut souffrir de la tendance BL) mais se révèle finalement assez efficace. Les mouvements sont fluides et les moments dynamiques arrivent à l’être. Le character design est, par contre, un peu plus classique et plat, à l’exception de quelques personnages. Il fait le boulot sans être remarquable. La musique, à l’exception peut-être de l’opening, est très réussie !

Les personnages sont assez divers et variés et bien développés, bien qu’on puisse regretter que certains ne le soient pas davantage. En tous cas, tous ont des points de vue différents sur l’humanité et la société, et leurs échanges sont intéressants. Mais cet anime a su gérer un élément de manière excellente, et cela concerne deux des personnages – et pas n’importe lesquels, il s’agit du duo principal ! Nezumi et Shion ont une alchimie remarquable, et j’ai rarement vu deux personnages aller aussi bien ensemble.

Et quelles conséquences sur la manière dont l’histoire est gérée ? L’anime peut se permettre de réserver moins de scènes à les faire tomber amoureux l’un de l’autre, et développer des aspects plus intéressants sur la définition de l’humanité, sur les raisons des distinctions qu’on peut faire entre différents individus, sur le modèle de vie idéal (car l’univers n’est pas manichéen, et il porte une véritable réflexion sur les régimes totalitaires). C’est ce qui m’a ravi avec cet animé, et c’est en quoi il se distingue de la plupart des shônen-ai. Il a plus d’ambition que de créer une histoire bancale pour essayer de mettre en scène des personnages homosexuels pour faire plaisir à des midinettes de quatorze ans. Il cherche à raconter une histoire de SF, certes classique, mais toutefois intéressante. Il y a une véritable volonté de conter quelque chose et, malgré certaines pistes un peu étranges et mal développées, y arrive convenablement !

Néanmoins, et je suis contraint de le mentionner, cet anime se rate sur un point, et d’une manière intolérable : son dernier épisode est mauvais. Pourquoi ? Parce qu’il choisit de résoudre son intrigue à l’aide des pistes qui semblaient les plus bancales de tout l’anime ! Les personnages arborent en outre des réactions plus absurdes que jamais, ce dernier épisode met en scène des situations qu’il ne conclut pas, et s’achève sur une note très manichéenne ! Certes, l’animé a dû s’achever avant le manga, à l’instar du premier animé de FMA. Est-ce pourtant qu’il en est pardonnable ? Non, parce que ce dernier épisode contredit tout le reste de l’anime. Et c’est intolérable, car c’en est une trahison. Et pour avoir lu le dernier chapitre du manga, la fin y semble mieux traitée et bien plus cohérente avec le reste que dans l’anime.

Alors, cet anime est-il une pièce maîtresse du shônen-ai, et même de la SF ? Pour la SF, non : c’est plutôt réussi (à l’exception de ce dernier épisode), mais assez classique. Quant au shônen-ai, il aurait pu l’être sans ce dernier épisode qui se trouve dans les bas-fonds de la médiocrité. Peut-être le manga l’est-il.

Alors, devez-vous aller le regarder ? Si vous êtes amateur de shônen-ai et/ou de SF, allez-y, vous devriez apprécier, mais dispensez-vous du dernier épisode. Sinon, je ne suis pas sûr. Personnellement, je ne suis branché ni shônen-ai, ni SF, mais j’ai su apprécier cet anime, parce que j’aime les histoires bien racontées et les romances intéressantes. Essayez, et si vous n’accrochez pas au bout des deux premiers épisodes, ne continuez pas ! Enfin, si vous n’êtes pas habitués au genre SF mais que vous souhaitez vous y mettre, pourquoi pas ? Ce n’est pas le 1984 de la japanimation, mais il vous offrira une expérience plaisante en vous posant les bases du genre !



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