De « Rocco et ses frères » au « Dernier Tango à Paris », en passant par les films de Pasolini, de nombreux films ont été visés par la censure depuis 1914 en Italie. Le gouvernement italien a mis au rebut les ciseaux ayant mis à l’index des chefs-d’oeuvre du cinéma comme Le dernier tango à Paris, victime comme tant d’autres de la censure qui sévissait depuis 1914. Dorénavant, il ne sera plus possible d’interdire la sortie en salle d’un film ou de la conditionner à des coupes ou modifications sur la base de motivations morales ou religieuses.

En lieu et place de ce couperet sera mise en place une Commission de classification des oeuvres cinématographiques auprès de la Direction générale du cinéma du ministère de la Culture. Cette commission, qui détermine à quelles tranches d’âge les films sont adaptés, est composée de 49 membres, allant d’experts du secteur cinématographique et de la protection des mineurs à des représentants des associations de parents et des groupes de défense des animaux.

« Avec l’abolition de la censure au cinéma, nous sortons définitivement du système de contrôle et d’intervention qui permettait à l’Etat de s’immiscer dans la liberté de création des artistes », s’est réjoui dans un communiqué le ministre de la Culture Dario Franceschini, membre du Parti démocrate (PD, centre-gauche) dans le gouvernement de coalition de Mario Draghi. C’est une « étape importante et historique pour le cinéma italien. Il était temps », a réagi pour l’AFP Elena Boero, experte du cinéma italien.

« Il s’agit d’une forme de responsabilisation. Nous sommes mûrs », a estimé dans un entretien avec l’AFP le réalisateur Pupo Avati, dont le film Bordella sur l’ouverture d’un bordel pour femmes à Milan par une multinationale américaine avait été censuré en 1975. De nombreux films ont été visés par la censure au cours de plus d’un siècle d’existence, au premier rang desquels quasiment tous les films de l’écrivain-poète-réalisateur Pier Paolo Pasolini, ou encore le sulfureux Dernier tango à Paris de Bernardo Bertolucci avec Marlon Brando et Maria Schneider, dont les copies furent détruites à l’exception de trois exemplaires conservés à la Cinémathèque nationale.