L’histoire commence dès la guerre d’Espagne, lorsque des milliers de civils se…

L’histoire commence dès la guerre d’Espagne, lorsque des milliers de civils se réfugient en France, de 1936 à 1939. Paul Mirat, maire de Meillon de 1935 à 1944, a beaucoup voyagé dans sa jeunesse, il parle l’espagnol, et lui et sa femme Maria Elisa Larrague, née en Argentine, sont sensibles au sort des réfugiés.

Des gens qui ont tout perdu

Scolarisés à Pau, leurs fils Yves et Michel ont pour mission de diriger ceux qu’ils rencontrent vers Meillon, où Maria Elisa fait la cuisine pour les nourrir. Paul organise le village pour faire face à l’afflux de ces gens qui ont tout perdu, et qui suscitent une certaine méfiance : il convainc les Meillonnais d’ouvrir les chambres inoccupées, les étables, les écuries. Lui-même loge des familles dans les bâtiments de son haras, et dans sa propre maison.

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Lorsque la guerre éclate en 1939, les habitants des régions du Nord et de l’Est s’enfuient devant les offensives allemandes. La population des Basses-Pyrénées s’en trouve plus que doublée. À Meillon, 24 maisons refuges sont équipées pour accueillir les populations qui se succèdent : Belges, Français du Nord et de l’Est, Alsaciens, Lorrains… Après l’armistice de juin 1940, la plupart de ces déplacés retournent progressivement chez eux.

Mais Meillon retrouve son rôle de refuge début 1941, car la commune a été désignée par la préfecture pour héberger des détenus du camp de Gurs en « permission ». À l’époque, Paul Mirat tient un registre, le « Livre particulier du maire », dans lequel les réfugiés sont inscrits avec leur état civil, et le plus souvent une photo d’identité. Ce document unique contient également les photos d’une grande partie des Meillonnais adultes à l’époque.

Des intervenants experts

Suite à la découverte par le petit-fils du maire de l’époque, prénommé Paul lui aussi, d’un registre qui recense les réfugiés de guerre accueillis à Meillon et son legs à la commune le 8 mai dernier, un véritable engouement s’est opéré auprès d’historiens mais aussi d’habitants de la commune et des alentours qui souhaitent en savoir plus sur ce passé marquant.

Dans ce cadre, la mairie de Meillon organise ce dimanche 29 janvier à 15h une causerie (ouverte à toutes et tous) pour mettre en lumière cette histoire et, pourquoi pas, recueillir des témoignages des anciens du village.

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Pour animer cette causerie, la commune recevra des intervenants experts de cette histoire : Claude Laharie, historien et président du conseil scientifique du mémorial du camp de Gurs ; Annie Olazabal, dont la famille était en lien avec Andrée Larromet, résistante de Meillon ; Dominique Piollet, réalisateur audiovisuel, qui étudie les parcours des réfugiés de Meillon ; et Paul Mirat, petit-fils du maire de Meillon à l’époque. Ils présenteront ce registre et les histoires émouvantes de ces gens pour qui Meillon a été un refuge dans un temps de terreur.

Dimanche 29 janvier, le public est attendu à 15h à la salle polyvalente de Meillon. À l’issue de la causerie, un goûter et verre de l’amitié seront offerts par le comité des fêtes et la mairie.

Lien source : Meillon : lorsque le village accueillait les réfugiés de guerre et les internés du camp de Gurs