Révélée au public français avec sa série Monochrome Animals (2012), Ryoko Fukuyama revient avec un nouveau manga qui saura vous faire vibrer.

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asked Noise nous fait suivre l’évolution d’un groupe de musique par le biais de Nino, une jeune fille au caractère spécial mais à la voix exceptionnelle. Bouleversée dans son enfance par le départ soudain de ses amis Momo et Yuzu, Nino se raccroche à la musique dans l’espoir de les revoir un jour. Il lui faudra cependant attendre son entrée au lycée pour voir sa vie prendre un nouveau tournant.

Publié au Japon en 2013, Masked Noise compte déjà 9 tomes et suscite un engouement toujours aussi grand auprès des fans de l’auteur. Après avoir publié un de ses derniers manga, les éditions Glénat parient de nouveau sur Ryoko Fukuyama avec cette toute nouvelle série.

Un univers musical et poétique

Dans ce shôjo, Ryoko Fukuyama pose dès le début les bases d’un univers complet : avec un premier chapitre d’une cinquantaine de pages, l’auteur amène lentement l’intrigue tout en laissant le temps au lecteur de cerner le caractère de chacun des personnages principaux.
Malgré une ellipse de plusieurs années nous faisant soudain suivre une héroïne plus âgée après l’avoir quitté à l’époque de l’école primaire, l’histoire garde un rythme lent. L’auteur ne se précipite pas, renforçant certains mystères liés à la trame principale. Tel un puzzle assemblé petit bout par petit bout, l’auteur garde le lecteur dans le flou, attisant sa curiosité en ne distillant que quelques rares éléments de réponse par chapitre.

Des sujets sensibles

En dépit la tonalité légère de l’œuvre, Ryoko Fukuyama aborde de façon subtile des thèmes forts tels que les problèmes conjugaux, la maladie, la faillite ou la discrimination. L’auteur se sert de la naïveté de son héroïne pour faire passer ses messages. Le ton est donné dès les premières pages du livre : « Les soirs où je ne peux pas dormir parce que papa et maman se disputent, je chante avec mon voisin Momo. », déclare ainsi Yuzu qu’on aperçoit hurler joyeusement à sa fenêtre malgré les terribles paroles qu’elle vient d’énoncer.
L’auteur garde tout au long des chapitres cette ambiance oppressante. À chaque page tournée, le lecteur ne peut deviner ce qui l’attend. Chaque personnage porte un lourd secret et de nombreuses déconvenues semblent nous attendre par la suite.

Des personnages singuliers

À l’instar de sa précédente série, les graphismes de Masked Noise sont à la fois singuliers et surprenants. Coiffures étranges, look androgyne et menton angulaire, les personnages de Ryoko Fukuyama se distinguent facilement.
Les décors sont, quant à eux, souvent très succincts ou absents pour renforcer la focalisation des personnages. Une mise en scène souvent utilisée dans les shôjo et Ryoko Fukuyama ne fait pas exception à la règle. Cela ne réduit cependant en rien la qualité de ce manga.

Masked Noise n’est pas sans rappeler d’autres œuvres projetant le lecteur dans un univers musical mêlé de drames du quotidien tels que le manga de Kotomi Aoki, Lovely love lie, ou le célèbre shôjo Nana d’Ai Yazawa. Graphismes séduisants, personnages mystérieux et récit intriguant, voici le cocktail que présente ce premier tome. Une véritable réussite qui annonce une suite riche et parfaite pour les shôjo-addicts.



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