Le 17 et 18 septembre 2016 avait lieu le salon Little Dolls 2 ¾ à Paris. L’occasion pour Unimgo de vous faire découvrir ces passionnés de poupées issues de l’univers nippon !

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u rez-de-chaussée d’un immeuble se situant rue Violet à Paris, une trentaine d’exposants presque tous amateurs présentent leurs créations étalées sur des tables. Vêtements, accessoires, mobiliers… Leur particularité ? Elles s’adressent toutes à des Pullips, ces petites poupées kawaï à grosses têtes.

Le 17 et 18 septembre 2016 avait lieu « Le salon Little Dolls Paris 2 ¾ ». Possédant moi-même quatre poupées BJD (Ball-Joined doll), il fallait bien sûr que j’aille y faire un tour !

Dans cette petite salle qui, on peut croiser aussi bien une petite fille, qu’un homme ou une maman d’une quarantaine d’années venue pour compléter sa collection. En un week end, le salon Little dolls attire dans les 400 visiteurs ! Sur une petite scène située au fond de la pièce, des animations sont mises en place ou improvisées pour faite participer exposants et visiteurs. Karaoké, danse, chant, concours de poses…

Crédit : La Petite viking

On peut reconnaître les musiques de génériques de dessins-animés japonais, des chansons de Disney et même entendre des airs médiévaux. Il y règne une ambiance bien plus chaleureuse que la Japan Expo. Certains collectionneurs n’hésitent pas à laisser leur poupée (qui peut valoir quelques centaines d’euros) sans surveillance sur le scène ou bien devant le petit décor issu du Voyage de Chiiro aménagé près de l’entrée.

Qui sont les passionnés de poupées de Little Dolls ?

L’organisateur : Fabrice au Pays des Merveilles !

Il fallait bien quelqu’un de peu commun pour organiser un événement comme celui-ci ! A peine arrivée au salon, Fabrice tente de me chaparder mon billet pour payer l’entrée. A 44 ans, ce colosse à la mèche et au T-shirt Alice au pays des merveilles sait mettre à l’aise ses exposants et ses visiteurs qu’il charrie gentiment. Son atout : l’humour ! « Je ne suis pas spécialement un fan d’Harry Potter. Après le précédent salon Little Dolls, je ne voulais pas attendre un an pour revivre ce moment. On a alors créé le salon Little Dolls 2 ¾ qui fait penser au quai 9 ¾ de Harry Potter, qui est devenu le thème de ce salon. C’est tout ! ».

“Ce qui me plait dans ces poupées, c’est leur potentiel de customisation”

 
L’univers populaire nippon est pour lui plus qu’une passion. Ce strasbourgeois est à la tête d’une boutique de mangas et de l’association Kakemono qui organise également l’événement Japan Addict. L’objectif du salon Little Dolls ? « On est dans un monde assez moche. Là, il y a de la « jolietude », ça permet de moins désespérer ! C’est aussi le bonheur d’être ensemble. (…) Je suis un frustré de la création. Je créé donc des événements comme celui-ci pour que les artistes exposent et rencontrent leurs clients. »

Fabrice est « tombé » dans l’univers des poupées grâce à une collègue. Il détient maintenant 5 Pullips ! « Ce qui me plait dans ces poupées, c’est leur potentiel de customisation. Je trouve que les Pullips envoient plus d’émotions que les Barbie. C’est un support créatif. Il n’y a pas une poupée pareille ! » Un support artistique qui parle à tout le monde. Au moment même où je l’interroge, un petit garçon regarde avec curiosité les étalages. « Il y a de plus en plus de garçons qui viennent. Les copains des créatrices osent de plus en plus. Quand on est en couple, la création est tellement importante qu’on se fait embarquer ».

Le site de l’association : Facebook Kakemono

Valère, l’homme aux cinquante BJD !

Avec sa responsable, Ysabel, Valère s’occupe du stand de : Jolie Doll. Créée il y a 5 ans, elle est la boutique officielle de Pullips en France. Jolie Doll expose donc depuis la création de ce salon, car celle-ci est très liée aux créateurs indépendants. Elle leur propose en effet un système de dépôt/vente pour les aider.

Souriant, à l’apparence un peu timide, Valère est un passionné de poupées, plus particulièrement des BJD moins présentes dans ce salon.

« Une amie d’école collectionnait les BJD. Je me suis alors dit : il m’en faut une ! ». Et, comme ceux qui succombent aux tatouages, Valère ne s’est pas contenté d’une seule poupée. Il possède une dizaine de Pullips et plus d’une cinquantaine de BJD ! « J’ai mon appart’ avec mon fiancé. J’ai une pièce entièrement dédiée aux poupées avec mon atelier couture. » Son compagnon est un passionné de comics et de mangas. Plus facile, donc, d’accepter l’univers de Valère. Sa famille n’a pas non plus mal réagi face à cette passion qui peut paraître surprenante pour un homme d’une trentaine d’années. « Ma sœur a toujours été intriguée. Ma mère a surtout été abasourdie par le prix. Mais sinon, elle aime bien ».

Crédit : La Petite viking
La petite blonde au bonnet blanc c’est la mienne !!

“C’est une erreur de croire que c’est un produit cher, car il existe des BJD pour tous les prix !”

 
Le prix est le principal attrait des BJD qui rebute nombre de collectionneurs de poupées. Il dépasse facilement –sans le prix d’envoi et celui du maquillage- les 200 euros et peut atteindre des sommes exorbitantes : plus de 1000 euros ! « Le prix maximum que je peux mettre dans une poupée est d’environ 650 euros, sans le make up et le prix d’envoi. » Et c’est déjà beaucoup ! C’est pourquoi les Pullips, moins chères, s’adressent à un public plus jeune très présent sur ce salon. Mais pour Valère « c’est une erreur de croire que c’est un produit cher, car il existe des BJD pour tous les prix ! »

Défenseur des BJD, il a été nommé responsable de la boutique Majestueuses Résines créée il y a un peu plus d’un an par la dirigeante de Jolie Doll, Isabelle Fleury. Contrairement à Jolie Dolls, le magasin s’adressait aux collectionneurs de BJD, mais il a malheureusement fermé récemment. « Il n’y avait pas assez de clients en magasin, mais le site marchait bien. Il est actuellement en suspend. On attend de le refaire. Il sera lié à celui de Jolie Dolls ». Majestueuses Résines renaîtra donc bientôt de ses flammes au grand bonheur des collectionneurs de BJD !

Le site de Jolie Dolls

Laureen et Delphine, les petites sirènes !

En arrivant dans ce salon, je remarque immédiatement le stand de Laureen situé devant le petit bar où l’on sert des crêpes au jambon, à l’opposé du stand de Valère. Elle est venue de Poitiers pour vendre ses queues de sirènes. « La passion pour ces poupées m’est venue 4 ans après la naissance de mes filles. Je suis retombée en enfance ! Déjà je collectionnais des poupées dont Ariel la petite sirène de Disney. Mon film préféré ! Une amie possédait les BJD et un jour j’ai craqué. J’en ai maintenant une trentaine ! (…) J’achète les moins chères, celles qui ne plaisent pas à tout le monde, car mon objectif est de les rendre plus belles. »

Laureen est devenue auto-entrepreneuse après avoir quitté son CDI de costumière pour se mettre à son compte. Bien qu’elle continue de créer des costumes de taille réelle, dont ses queues de sirène, celle-ci a décidé de se consacrer entièrement aux poupées. Elle travaille désormais en partenariat avec Delphine, artiste polyvalente, mais surtout modéliste 3D.

Crédit : La Petite viking

C’est elle qui a réalisé les décors qui embellissent leur étalage, dont le petit bateau en polystyrène. Les deux jeunes femmes se sont rencontrées, comme beaucoup de passionnés, via un forum consacré aux poupées. Delphine avait partagé une photo d’une de ses créations et Laureen avait immédiatement réagi : « Je veux être sa marraine ! ».

Les yeux cachée son chapeau, Delphine me révèle avec fierté qu’elle a créé de A à Z les poupées exposées sur son stand. Son secret ? Une bonne maîtrise du logiciel ABS, une imprimante 3D et une bonne dose de passion ! « Moi, mon objectif est de réaliser les rêves gens en 3D. Je veux voir comment les gens s’approprient mes créations ».

Le site de Laureen : Créatures de Lau’ creaturesdelau.pagesperso-orange.fr

Le site de Delphine : www.delphey.fr

Tatiana, une karatéka couturière !

Tatiana est une créatrice argentine venue de Stuttgart pour ce salon si rare en Europe « où l’ambiance est conviviale ». Habillée avec une tenue de Poudlard, le visage souriant, impossible de deviner qu’elle a 40 ans ! Elle est l’une des seules artistes à proposer des produits pour BJD. Je suis impressionnée par la quantité de vêtements sur son étalage.

Après avoir travaillé pour une grande épicerie, Tatiana s’est retrouvée sans emploi. Son temps libre lui permet de se consacrer totalement à cette passion. Comme de nombreux fans de poupées, elle a toujours été fan de japanimation. « J’ai aussi fait des arts martiaux, du karaté. Je suis ceinture marron ! Mais je n’aime pas la nourriture japonaise ! » me dit-elle en riant.

« En 2009, j’ai rencontré une créatrice couturière, Artémisia, qui créé notamment des vêtements pour des poupées. J’ai adoré ce qu’elle faisait. Elle m’a tout appris, alors que je ne savais même pas recoudre un bouton. (…) C’est comme ça que la couture est devenue une vraie passion. » La même année, Tatiana achète sa première poupée : une MSD MNF qu’elle nomme Mathilde.

Avec émotion, celle qui est désormais auto-entrepreneuse m’apprend que c’est en hommage à sa grand-mère qui ne possédait qu’une poupée de chiffon qu’elle lui avait offerte. Ses dollfies lui tiennent beaucoup à coeur. Elle a créé des couples dont les prénoms commencent par la même lettre. « Celui-ci je l’ai appelé Martin. Si un jour j’ai un fils, je l’appellerai comme lui ! »

La boutique de Tatiana : Tatiana BJD coutures workshop sur le site Etsy

Yu-Yu et Régis : leur amour… pour les poupées !

J’ai rencontré Yu Yu au salon Little Dolls de l’année dernière. En voyant son étalage cette année, j’ai été impressionnée par les nouveaux produits pour Pullips qu’elle propose: des petits mobiliers très kawaï ! Au bord de la table figure un petit bistrot pour poupées.

Tous ces décors ont été réalisés avec son mari, Régis, modélisateur 3D, qui comme Delphine, se sert d’une imprimante 3D.

Crédit : La Petite viking

Yu Yu (son surnom) est une taïwanaise énergique qui a notamment étudié au Beaux-Arts de Paris. Quand elle était petite, elle possédait des poupées pour le plaisir de les collectionner, sans les retirer de leur boîte. Graphiste de métier, elle monte son entreprise CheryMaou, avec Régis qu’elle a converti à la passion des dolls. « J’ai quitté mon métier de modéliste. Je suis devenu indépendant pour la poupée.

“Sur Facebook, dans ma liste d’amis il y a plus de 70% des gens rencontrés sur des salons.”

 
C’est un travail à plein temps ! J’aime créer un univers miniature. C’est un challenge technique» me dit le jeune homme qui a autrefois réalisé des mobiliers pour des grandes marques, tel que Christian Dior. Les deux artistes sont devenus des spécialistes pour mettre en valeur leurs produits grâce aux décors qu’ils fabriquent et aux photos qu’ils publient sur leur site et les réseaux sociaux. Yu Yu préfère « préparer la fête, plus que la fête elle-même. » Et elle n’est pas la seule ! Tout le monde prend soin ici de présenter ses produits en exposant ses propres poupées.

Très sociable, les salons tel que Little Dolls est surtout un moyen pour elle de faire des rencontres. « Les gens sont agréables, j’ai beaucoup de plaisir à les rencontrer. On retrouve les anciens. Sur Facebook, dans ma liste d’amis il y a plus de 70% des gens rencontrés sur des salons. » Les créateurs et vendeurs sont en effet eux-mêmes clients. J’ai pu voir plusieurs fois Ysabel, responsable de la boutique Jolie Doll, contempler les étalages des autres vendeurs. Régis, conclut en plaisantant : « le défi des exposants : ne pas dépenser ici plus qu’ils ne vendent ! ».

La boutique de Yu Yu et Régis

Prochain salon Little Dolls Paris pour celles et ceux qui ont manqué celui-ci : les 7 et 8 Janvier !

En attendant vous pouvez découvrir, si vous ne le connaissez pas encore, l’hymne du salon !



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