Bien qu’il y ait déjà eu plusieurs motions de censure depuis le début du quinquennat, elles ne sont jamais passées car la gauche refuse de voter celles du RN, et les Républicains ne s’associent ni à celles de la Nupes, ni à celles du RN. Cette fois, ce sera différent : les élus de la Nupes et du Rassemblement national pourraient soutenir l’initiative transpartisane des centristes, qui forment le plus petit groupe à l’Assemblée, le groupe LIOT (Libertés, indépendants, outre-mer et territoires) avec 20 députés du centre droit au centre gauche. Leur motion de censure, déposée hier, est un risque réel pour le gouvernement. Et grâce à qui ? Au vote de quelques députés LR !

« Si une motion de censure était adoptée, elle entraînerait le rejet de la réforme »

Ce débat sur les retraites a mis en évidence les profondes divisions de LR qui, jusqu’à Sarkozy, était encore un parti de gouvernement. Au nom d’une « droite populaire », le député du Lot Aurélien Pradié et ses frondeurs ont fait monter les enchères et incarné le front du refus de droite. D’autant plus hallucinant que celle-ci a dans ses fondamentaux la valeur travail et l’équilibre budgétaire.

Si une motion de censure était adoptée, elle entraînerait le rejet de la réforme et ferait tomber le gouvernement. Une dissolution pourrait suivre. Qui retirerait les marrons du feu ? Pour le LR Jean-François Copé, pas de doute : « Imaginez qu’une motion de censure soit adoptée et que l’on se retrouve devant les urnes. On veut quoi ? Que l’extrême droite ait 150 députés, l’extrême gauche tout autant et que l’on paralyse la France ? ».

Si LR s’est dispersé façon puzzle, ça ne va pas mieux pour le PS, toujours aussi inaudible, en plein mouvement social, un comble ! Restent les partis populistes aux deux extrêmes, LFI et RN. Et du côté du mouvement social, un front syndical plus uni que jamais et qui appelle à maintenir la mobilisation. Macron avait promis « une autre manière » de gouverner. Le macronisme s’est suicidé jeudi. Comment pourra-t-il gouverner pour le reste de son mandat et, surtout, réformer, dans un pays au bord de l’explosion ?

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Lien source : L’éditorial : « Après le 49-3, comment Macron peut-il encore gouverner ? »