Le lac en question c’est celui d’Artouste. Central dans toute la chaîne de production de la Vallée d’Ossau, puisque c’est à 2000 mètres que débute le complexe hydroélectrique…

Le lac en question c’est celui d’Artouste. Central dans toute la chaîne de production de la Vallée d’Ossau, puisque c’est à 2000 mètres que débute le complexe hydroélectrique de la SHEM. La première usine hydroélectrique est installée sous le barrage à 70 mètres de profondeur. L’eau est turbinée une première fois puis est rejointe par les eaux d’autres barrages (Bious, Fabrèges). Ces eaux sont ensuite turbinées plusieurs fois en cascade par les autres usines implantées le long du Gave d’Ossau. Elles sont ensuite restituées au barrage de Castet.

Devenue une filiale du groupe Engie dans les années 2000, la Société hydroélectrique du Midi (SHEM) gère la production hydroélectrique des 56 usines et 12 grands barrages sur l’ensemble du massif pyrénéen. Chaque année, elle produit en moyenne 1.838 GWh, ce qui équivaut à la consommation énergétique d’un million d’habitants.

Le paysage est désolant face au lac de Fabrèges, au pied de la station d’Artouste. ll ne reste plus qu’un million de mètres cube d’eau sur les 6,5 millions du lac. Le sol est craquelé et le bleu de l’eau se fait lointain.

Depuis le pont qui amène à la station d’Artouste, l’eau ne coule plus dans le torrent.


Depuis le pont qui amène à la station d’Artouste, l’eau ne coule plus dans le torrent.

MZIRNHELD / PYRENEES PRESSE

Moins de 50 % de remplissage des lacs

Sur les 24,5 millions de mètres cube d’eau du lac d’Artouste, il ne reste aujourd’hui plus que 9 millions. « On a beaucoup prélevé cet été pour donner de l’eau au gave. Toute l’eau qui manquait dans les cours d’eau, elle sort des barrages ». Sauf qu’en ce mois de septembre, le lac d’Artouste n’a jamais été aussi sec et c’est une eau qui va manquer en hiver.

« On sait qu’au-dessus de 2000 ça sera de la neige. L’eau qu’on n’a plus sur le lac d’Artouste, on ne l’aura plus du tout », développe Olivier Marchaing.

Le niveau du lac en cette fin d’été est normalement celui d’une fin de production en mars. Mais face à la sécheresse cet été, les rivières n’ont jamais été autant soutenues dans les Pyrénées. « Actuellement, on lâche moins d’eau que ce qu’il faudrait par décision préfectorale ».

Le barrage de la SHEM avec le lac de Fabrèges.


Le barrage de la SHEM avec le lac de Fabrèges.

MZIRNHELD / PYRENEES PRESSE

-24% de production sur l’année

Dans la Vallée d’Aspe, les centrales d’EDF produisent une consommation d’électricité équivalente à 77 000 personnes. Pour Carole Stephanutti, chargée de communication auprès du groupe EDF, la situation du manque d’eau a été anticipée et gérée au niveau national. “Au 1er septembre, on était à 63% de remplissage, ce qui est inférieur à la moyenne des années précédentes mais correct”. Sur la France cette année la production sera inférieure à 24%.

La rédaction vous conseille

Des coupures cet hiver

« Nous sommes le Samu du réseau électrique français » dit Olivier Marfaing contrarié. “S’il n’y a plus d’eau, on ne pourra pas soutenir le réseau”.
La production d’électricité va être ralentie durant l’hiver et des coupures sont d’ores et déjà prévues. Le gouvernement lui même ayant demandé de la “sobriété énergétique” pour l’hiver.

Néanmoins une sécurité reste à assurer. « Sur les lacs de Bious et de Fabrèges on garde une réserve d’eau car si l’hiver il n’y a pas d’eau dans les conduits et bien ça gèle et tout casse ».
Une sécurité pour le matériel mais également pour assurer le réseau de la vallée en cas de coupure majeure : « on garde un tampon d’eau pour faire un réseau isolé de Gabas jusqu’à la frontière espagnole et ainsi assurer la sécurité des habitations ».

Le week-end s’annonce pluvieux, à voir si cela suffira à remplir les lacs de montagnes avant l’arrivée de l’hiver.

Hydroélectrique : première source d’énergie renouvelable en France

En France, le nucléaire est la première énergie produisant de l’électricité. En 2021, il représentait 69% de notre production. En seconde position on trouve les énergies renouvelables qui représentant 19% de notre consommation d’énergie en 2021. Dont l’hydroélectricité qui est la deuxième source de production d’électricité derrière le nucléaire et la première source d’énergie renouvelable en France.

Lien source : La situation préoccupante des barrages hydroélectrique dans les Pyrénées-Atlantiques