Scientifique d'abord, littéraire, otaku, acteur, chanteur, écrivain, lecteur, gourmand, et tout à la fois !

Yaoi des midinettes, dit-on ! Yaoi, source de fantasmes et d’excitation sexuelle chez les jeunes adolescentes, dit-on ! Est-ce vrai ? Est-ce faux ? Peu importe, et l’anime que je vous propose de découvrir aujourd’hui ne cherche pas à répondre à cette question. Au contraire, elle prend la précédente assertion comme postulat de départ ! Qu’est-ce que cela vaut ? Voyons cela à travers Kiss Him, Not Me !

De son vrai nom Watashi ga motete dosunda (qu’on pourrait traduire par : « A quoi cela sert-il d’être aussi populaire ? »), ce shojo humoristique nous conte l’histoire de Kae, fille ronde, otaku mais surtout fujoshi qui fantasme même sur des garçons de sa classe, souhaitant les mettre ensemble. Ces mêmes garçons qui tomberont amoureux d’elle suite à sa perte de poids ! Et tous ces garçons vont entrer en compétition pour tenter d’obtenir le cœur de Kae. Mais elle, qui est fujoshi et qui les ship secrètement, quel intérêt aurait-elle à être aussi populaire ?

Au niveau de l’animation, c’est du très bon travail (et encore heureux pour un anime aussi court). L’animation est fluide, dynamique et efficace. Les images sont jolies à voir et bien gérées. Par contre, il n’y a aucune réflexion artistique derrière cette animation – mais peut-on vraiment le lui reprocher ?

Musicalement, soyons honnête, c’est assez insignifiant. L’opening est par contre plutôt réussi, quoi qu’il ait quelques sonorités cliché.

Si sur la forme, c’est correct, qu’en est-il des personnages ?

Eh bien, c’est assez difficile de trancher ! Vous vous en doutez bien, ils sont quand même des clichés, puisqu’on est dans un anime humoristique. Ils restent quand même bien campés et évoluent… sauf Kae. Et c’est dommage, finalement. Certains arrivent à n’être plus des clichés, d’autres évoluent sincèrement et Kae reste la même tout au long de l’anime. Si cela ne dérange pas plus que cela, on peut tout de même regretter une certaine cacophonie dans les personnages. D’autant plus qu’ils ont des temps d’apparition similaires à l’écran, donc rien ne justifie ces différences de développement.

Au niveau du character design, c’est typique du BL. Les garçons sont beaux, fins mais musclés et imberbes. Ils demeurent toutefois différenciables. Kae, par contre, a un character design très réussi (du moins, quand elle est en mode « maigre »), et celui du grand-frère de celle-là est plutôt intéressant.

Au niveau de l’histoire ? Les épisodes sont déconnectés les uns des autres (pas sur la fin) et fonctionnent très bien ! En effet, ils sont vraiment hilarants, et j’ai plusieurs fois explosé de rire. Force est de le constater, je ne vous dirai rien pour ne rien dévoiler car cet anime est franchement poilant, et j’en ai rarement vu d’aussi drôle. Le rythme est bien géré et les épisodes sont toujours plaisants, bien que certains clichés fassent vraiment parfois tirer la moue.

Par contre, il y a quelques défauts. Déjà, l’anime n’hésite pas à utiliser le fat-shaming comme ressort comique. Cela concerne relativement peu d’épisodes mais il est quand même présent. En outre, et je dois le mentionner car il s’agit d’une faute de goût. L’anime décide un moment de traiter la problématique du viol. Et il essaie de véhiculer un message convenable mais la conclusion est si mal amenée qu’elle en est offensante et je peux l’écrire : oui, cet anime se rate quand il parle de viol.

Sinon, il demeure intéressant de voir comment Kiss Him, Not Me soulève des questions sur le monde des otakus et des fujoshis. Conventions, cosplays et goodies vous feront rire et vous feront réfléchir : finalement, est-ce mal d’être un otaku ? (Rappelons qu’au Japon, un otaku n’est pas un simple fan de manga, mais est une personne jouant à des otome games, et que c’est mal vu socialement). Comment est-on vu quand on est otaku, par les autres ? Doit-on devenir comme la moyenne ou doit-on s’imposer en tant qu’otaku ? Doit-on et peut-on concilier les deux aspects ? Si l’anime ne répond pas tant que ça à ces questions, il les pose et pose même des pistes de réflexion, mesdames et messieurs !

La fin souffre également de quelques défauts. En fait, la série, vers les derniers épisodes, change un peu de genre pour devenir plus sérieuse. Les gags ponctuent l’action, mais l’action ne sert plus les gags. Et c’était bien fait ! La transition était réussie et il n’y avait aucun problème là-dessus. Les dernières minutes du dernier épisode, i.e. le dénouement, rompent totalement avec le ton récent de l’anime. S’il est cohérent (je parle en tonalité) avec le reste de l’anime, il n’est pas cohérent avec les derniers épisodes, et c’est dommage. Je suppose que la série n’a pas voulu trancher, étant donné que le manga est toujours en cours de publication, mais ce dénouement aurait dû être amené plus subtilement. Peut-être un épisode de plus aurait mieux justifié cette fin, juste pour faire une nouvelle transition.

Alors, doit-on vous le recommander ? Eh bien, si vous cherchez à rire, oui, et mille fois oui ! Cet anime est indubitablement réussi quant à l’humour, et on ne peut le nier. Qu’on n’aime ou pas le yaoi ou le shojo, vous aimerez ! Je vous le déconseillerais dans un seul cas : si vraiment vous ne supportez pas le fat-shaming. Si ça peut vous faire rire ou si vous êtes capable de passer au-dessus, allez-y !



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