Déjà connue de la sphère yaoïste, la mangaka Junko s’est essayée au shôjo avec Kiss Him Not Me et le résultat est plutôt convainquant !

D

ans Kiss him, Not Me, nous suivons les déboires de Kae, une lycéenne fan de yaoï qui se retrouve du jour au lendemain dans le corps d’une fille attirante, après un régime « forcé ». Terrible dilemme pour la jeune fille qui préfère voir des couples d’hommes se former plutôt que de voir ces derniers lui courir après.

Un titre original et bourré d’humour.

Avec pas moins de sept titres parus en France chez Boy’s Love – IDP (un amour de cuisinier, My bodyguard, The return of the prince…), Junko est une auteure qui s’est déjà fait un nom au sein du cercle des fans de yaoï. Depuis le début de sa carrière, la mangaka ne s’était encore jamais essayée au genre du shôjo. Elle s’est pourtant lancée dans l’aventure en 2013 avec Kiss him, not me qui compte aujourd’hui 7 tomes au Japon et est toujours en cours de publication. C’est maintenant au public français de pouvoir découvrir ce petit bijou grâce aux éditions Tonkam.

Avec Kiss Him Not Me, Junko reprend les codes du shôjo classique pour les tourner en ridicule. Son personnage principal, Kae, a beau avoir un corps de mannequin et attirer tous les regards, la jeune fille est tellement fan d’homoromance qu’elle ne se projette pas dans le rôle d’une héroïne de shôjo mais dans celui de spectatrice. Son côté otaku lui vaudra également de se retrouver dans des situations embarrassante mais elle décidera rapidement de ne pas chercher à se cacher et fera, au contraire, évoluer la mentalité de ses camarades à son égard.

“L’auteur reprend la thématique de la « fille otaku » pour désacraliser l’image de la lycéenne modèle.”

Dans la même veine que Switch Girl de Aida Natsumi, avec Kiss him not me, Junko nous présente une héroïne atypique au travers de laquelle elle se joue des clichés présents dans la plupart des shôjos pour introduire des situations cocasses. Elle reprend également la thématique de la « fille otaku » (déjà présent dans d’autres shôjos tel que «A romantic love story» de Miyasaka Kaho) pour désacraliser l’image de la lycéenne modèle; belle et donc passant plus de temps devant un miroir que plongée dans la lecture de littérature populaire.

L’auteur va même parfois encore plus loin en pointant du doigt les messages optimistes qui se retrouvent dans la plupart des mangas telle que l’idée que la réussite de n’importe quel projet est à portée de main pour peu qu’on s’en donne la peine.

Côté graphisme, Junko ne déroge pas aux règles de style présents dans les mangas à destination d’un public féminin : peu de décors mais des blancs comblés par des trames à base de fleurs ou d’étoiles qui scintillent, des personnages aux traits plutôt simples mais attractifs et une héroïne qui passe son temps à faire des grimaces pour le plus grand plaisir du lecteur.

Ce premier tome est donc une véritable réussite qui saura séduire un public à la recherche d’une histoire qui sort un peu de carcans du shôjo traditionnel. Malgré une trame ordinaire, le thème, lui, ne l’est pas et c’est ce qui permet à l’auteur de prendre certaines libertés et de jouer avec les attentes de son lectorat.



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