Malgré le poids des ans, les époux Roussie arpentent les Pyrénées, chaque semaine, à la tête d’un groupe de montagnards du Foyer rural de Monein, sac au dos, boussole, altimètre et carte IGN en poche, à l’ancienne.

« Les GPS ne sont pas fiables »…

Malgré le poids des ans, les époux Roussie arpentent les Pyrénées, chaque semaine, à la tête d’un groupe de montagnards du Foyer rural de Monein, sac au dos, boussole, altimètre et carte IGN en poche, à l’ancienne.

« Les GPS ne sont pas fiables », sourit Claude qui a encore, début décembre, démontré l’efficacité de sa boussole lorsque sa troupe de marcheurs peinait à retrouver le point de départ, dans le brouillard.

Claude et « Kakine », anciens profs de maths en lycée à Mourenx, retraités depuis le début des années 2000, animent depuis 30 ans la section montagne du Foyer rural de Monein. « Pour la dernière année peut-être », suggère « Kakine » en se tournant vers son époux dont les mains tremblent fortement malgré lui, en permanence.

« J’ai Parkinson, marcher me fait du bien »

Voilà six ans que la maladie de Parkinson a commencé à s’attaquer à Claude. Sa tête est intacte mais le corps souffre. Une chose est sûre, « marcher me fait du bien », assure-t-il. « Au début des randos, sa démarche est celle d’un robot, puis il retrouve de l’élasticité, et en tenant les bâtons, après une heure il tremble beaucoup moins », complète sa complice de toujours.

Alors les époux marchent et marchent encore. En 2014, ils ont passé le relais sur l’accompagnement du groupe montagne le plus sportif, et se cantonnent désormais au niveau le plus « léger », sur des randos de 9 à 12 kilomètres pour 500 m de dénivelé positif en moyenne. Pas de la petite balade quand même.

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La montagne, Claude et « Kakine » l’ont choisie. Ils n’en étaient pas issus. Claude, le Sarladais, a hésité. Il aurait bien rallié son Périgord natal, celui où il jouait au rugby, après ses études à Bordeaux. Mais entretemps, Cupidon avait sur sa route ciblé Jacqueline, de Bidart. Les deux tourtereaux se rencontrent en montagne en 1959, lors d’un stage de ski à Aragnouet en vallée d’Aure (65).

D’abord « copains », ils se recroisent au même endroit l’année suivante, avant de se retrouver en fac à Bordeaux en 1964-1965. « À partir de là on ne s’est plus quittés », sourit Kakine. Tous deux convolent en 1965. Leur voyage de noces ? « Deux semaines en montagne à Gavarnie, encordés, inexpérimentés mais pleins d’envie ».

Une mutation professionnelle leur permet de rejoindre Mourenx en 1969. À partir de là, les Pyrénées deviennent leur terrain de jeu hebdomadaire. Claude passe un diplôme d’initiateur pour accompagner sur les sentiers des groupes de jeunes de la MJC de Mourenx.

Le virus transmis

Quelques années plus tard, le couple a déménagé à Monein et le foyer rural leur fait de l’œil. Bingo, c’est parti pour 30 ans à animer sa section montagne, avec sorties le week-end, avec un 3 000 m pour terminer la saison. Lorsque sonne l’heure de la retraite, les amoureux s’offrent une traversée des Pyrénées, par la Haute route, en évitant la surpopulation du GR 10. 35 jours de rando, d’une traite d’Hendaye à Banyuls, et « sans divorcer à l’arrivée, ce qui est exceptionnel paraît-il », rigole Jacqueline.

D’autres voyages suivront avec le Foyer rural, en Bolivie, dans l’Annapurna (Himalaya) au Népal, avec à chaque fois un petit livre rédigé par Claude et édité pour témoigner de l’aventure…

La progéniture, entraînée assez tôt sur les sentiers dans le sillage des parents, a logiquement attrapé le même virus. Jean, le fils, a monté un club d’escalade à Sarlat après avoir passé des diplômes de moniteur en canyoning et escalade. « Et Hélène court les Pyrénées avec son fils », Luc Sio-Roussie, passionné d’alpinisme, qui dévale les montagnes en mode « ski de couloir » et vient de rejoindre le groupe espoir du CAF.

Lignes de vie

Claude Roussie. Né le 26 mars 1939 à Sarlat (83 ans). Instituteur, puis prof de mathématiques au lycée de Mourenx (1969-1999). Adjoint au maire de Mourenx pendant 2 mandats.
Jaqueline Roussie. Née le 9 septembre 1942 (80 ans) à Juscor (Deux-Sèvres). A grandi à Bidart.
Mariés le 2 août 1965 à Sarlat. Deux enfants, Jean et Hélène, 4 petits-enfants. Installés à Mourenx en 1969, ont emménagé à Monein en 1981. Investis dans la section montagne du Foyer rural de Monein depuis 1992.

Lien source : « Kakine » et Claude Roussie, amoureux de la montagne