Décidément, les Editions Glénat ont le don de nous surprendre : après l’étonnante Ère des Cristaux parue en ce début d’année, la maison d’édition nous propose maintenant d’embarquer avec Les Enfants de la Baleine… un voyage qui vaut le détour !

A

n 93 de l’ère des Sables. Un gigantesque vaisseau d’argile, mû par une force inconnue, vogue lentement sur un océan de dunes. A son bord vivent 513 personnes, pour la plupart douées de saimia, un pouvoir télékinésique qu’elles tirent de leurs émotions. Condamnés à mourir jeune du fait de leurs capacités exceptionnelles, les « marqués », comme on les appelle, ignorent tout du monde qui les entoure et mènent une vie paisible au sein de la « Baleine de Glaise ». Parmi eux, certains ont pourtant soif de savoir et cherchent à percer les mystères de leur civilisation. C’est le cas de Chakuro, 14 ans, jeune scribe du navire : désireux de transmettre un maximum d’informations aux générations futures, il décide d’intégrer l’équipe chargée d’explorer un étrange bâtiment à la dérive… sans se douter de ce qu’il va y rencontrer !

Chef-d’œuvre inclassable

Shôjo, shônen, seinen… difficile de ranger simplement Les Enfants de la Baleine dans une case prédéfinie, tant le nouveau titre d’Abi Umeda emprunte à tous les genres : si les dessins nous plongent rapidement dans un univers délicat et féminin, la profondeur et la complexité de l’intrigue nous font d’avantage penser aux scénarii caractéristiques des seinen les plus captivants. Exilé depuis 93 ans sur la Baleine de Glaise, aka Phaleina, le peuple de Chakuro ignore tout de son histoire, passée sous silence par le Conseil des anciens, ce petit groupe de non-marqués aux commandes du vaisseau. Se croyant seuls au monde, les habitants de Phaleina vont rapidement se rendre compte qu’il n’en est rien et que leur existence est en grand danger.

KUJIRA NO KORA WA SAJYO NI UTAU � 2013 Abi Umeda / Akita Publishing Co.
KUJIRA NO KORA WA SAJYO NI UTAU � 2013 Abi Umeda / Akita Publishing Co.

 

Sur fond de problématiques environnementales, Les Enfants de la Baleine, bien qu’il se situe dans une époque lointaine et post-apocalyptique, traite subtilement de la condition actuelle de l’être humain : tout petit face à aux éléments naturels, l’homme est également son propre ennemi. Touchant du début à la fin, ce manga idéaliste n’est pas sans nous rappeler une certaine Nausicaä, merveille d’animation d’Hayao Miyazaki.

Les Enfants de la Baleine nous touchent en plein cœur

Au-delà de l’intrigue et des réels questionnements qu’elle soulève, Les Enfants de la Baleine est avant tout un véritable chef-d’œuvre graphique : sublimé par de magnifiques aquarelles aux couleurs chatoyantes en guise de couverture, le livre en tant qu’objet donne envie au lecteur de se plonger à l’intérieur et, une fois ouvert, nous dévoile l’étendue du talent d’Abi Umeda. Fragile, léger et délicat, le trait de la mangaka attire l’attention et captive le regard ; tout est beau, minutieusement réalisé et empreint de fraîcheur, souvent plus proche de la gravure d’art que de la bande dessinée. Les émotions y circulent avec une facilité déconcertante et l’on se retrouve souvent les larmes aux yeux, sans même savoir pourquoi. On aime la douceur des visages, la beauté des décors, la chaleur humaine qui se dégage du papier. Indéniablement, Les Enfants de la Baleine fait partie de ces histoires qu’on aime tant qui, en se terminant, brisent doucement notre cœur et y laissent un grand vide… Immersif et fascinant, ce tout jeune manga a déjà tout d’un grand.

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