Si ce nom ne vous évoque qu’un cocktail au tabasco un peu écœurant, il est temps de se tourner du côté de Soleil Manga qui nous présente sa nouvelle sortie gothique : Bloody Mary d’Akaza Samamiya. Mais ce tome, s’inscrivant dans la veine-phare de ce qui se fait chez eux, et particulièrement attendu par le lectorat-cible, saura-t-il se défendre et montrer les crocs ?

L

e vampire Mary veut à tout prix mourir, sans jamais y parvenir. Après des siècles de recherche, il finit par trouver la seule personne capable de mettre fin à ses jours : un exorciste moderne, l’héritier du « sang des María ». Sauf que ce María-là prétend ne rien savoir sur la manière de tuer un vampire… En attendant qu’il trouve une solution, Mary va donc devoir jouer les gardes du corps pour le protéger…

Bloody Mary : Un manga déconcertant

La première de couverture respecte les codes du récit gothique. Quelques arabesques recouvrent les angles de l’illustration, les couleurs qui priment sont le rouge, le blanc et le noir, une croix est présente et l’inspiration se trouve jusque dans les détails de l’écriture baroque. Ne manque plus que la lettrine… Le prénom d’origine biblique est encore là pour enfoncer le clou – pardon, le pieu – sur l’univers entourant ce titre.

Dès la couverture, on se surprend à se demander s’il s’agira d’une amitié profonde née entre deux hommes ou davantage d’un boys love - on imagine bien, en voyant l’air concupiscent des deux protagonistes qu’ils ne seront en tout cas pas grands rivaux (mais rien n’est moins sûr). Rien de bien original dans la manière d’illustrer les personnages ; l’homme de foi étant blond, vêtu de blanc et le vampire ayant les cheveux rouges et des vêtements faisant ressortir le noir… Sur un plan purement représentatif, rien de bien intéressant au pays des vampires. Fatigué du même schéma-type du genre, le lecteur mérite mieux que du réchauffé.

Là où ça peut sérieusement s’améliorer, c’est sur le contenu propre du manga. Le synopsis étant alléchant, ne nous arrêtons pas à quelques maladresses graphiques - bien entendu, le fait que le tome commence par une planche représentant le vampire perché sur sa croix, à la manière d’un Jésus déchu puis ressuscité en enfant de Satan n’aide pas, mais furetons plus loin !

Le secret de Bloody Mary ; des codes inversés.

 
Le secret du tome et ce qui sauvera le titre ; des codes inversés. Habituellement, le vampire s’octroie le rôle du sombre individu aux viles intentions et le prêtre est un humain prêt à tout pour sauver le sort de ses congénères. Mais ici, le vampire sauve le prêtre insolent afin que celui-ci lui accorde la mort éternelle. Le choix graphique du cliché « vampire sombre » VS« prêtre immaculé » peut donc ajouter à cette dimension inversée car les comportements ne sont pas là où on les attend.

En effet, avec un vampire désespéré, prêt à tout pour obtenir enfin la mort, méfiant et, pour de sombres raisons, ayant peur de boire du sang et un prêtre manipulateur et ne songeant qu’à sa survie, nous ne sommes plus vraiment dans le schéma habituel. Une dualité entre les deux est bien présente malgré ce que l’on voit de la première de couverture car l’un et l’autre ne se tolère que grâce à leur objectif commun : la survie du prêtre et la mort du vampire.

Au fur et à mesure de la lecture, des éléments perturbateurs vont s’inscrire au récit ; une jolie vampire souhaitant plus que tout la disparition de Bloody, un acolyte de María pas si innocent que ça… Une nouvelle dimension s’ajoute alors et créée une trame narrative dense, avec des destins mêlés.

En conclusion, il ne faut vraiment pas s’arrêter au visuel pour cette collection. Ce qui semble annonciateur de déjà-vu et de remâché s’avère au final bien plus intrigant que cela n’en a l’air !



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