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À l’instar de la charcuterie Crouzeilles Léris de Gan, la boulangerie « Saveurs et gourmandises » de Bizanos a vu sa facture d’électricité Engie Pro grimper en flèche. De 1 000 € par mois, la note est passée à 5 000 € en novembre puis à 7 000 € en décembre. « Avec 0,90€ du KWh, nous avons payé en deux mois ce que nous devions payer en une année », résume Mickaël Marie qui a repris l’affaire avec sa femme Stéphanie Taillebosq en octobre 2022. Avec ces précédentes douloureuses, l’addition de janvier – « minimum 7 000€ » – inquiète forcément les gérants originaires de Normandie. D’autant plus que leur installation, développant une puissance de 60 kVA, ne peut elle aussi bénéficier du bouclier tarifaire, le seuil étant fixé à 36 kVa.

Un nouveau four

Pour sortir de cette situation, le boulanger mise sur le changement de son four à pain jugé « défaillant ». Le commerce qui emploie deux salariés, fermera ainsi du 6 au 16 février afin de procéder à l’installation de ce matériel. Cet équipement plus moderne doit réduire consommation d’électricité et diminuer le besoin de puissance en kWh. De quoi envisager un contrat mois onéreux. Le boulanger réfléchit aussi à fermer une journée supplémentaire, en plus du mercredi.

En attendant, ces artisans ont été contraints d’augmenter le prix des baguettes. « On n’a pas eu le choix déjà que l’on se verse un salaire pour deux alors que notre reprise d’activité a été saluée par l’expert-comptable », assure Mickaël qui ne veut « surtout pas baisser les bras ». « Je me battrai jusqu’au bout, surtout que l’on a été très bien accueilli ici », poursuit le boulanger, spécialiste de la réalisation de pains spéciaux.

Un fournisseur d’énergie local

Sur le même trottoir de Bizanos, la charcuterie-traiteur Luro est, quant à elle, mieux lotie. Et pour cause, le patron Eric Luro a eu le nez creux en septembre 2021 en souscrivant un contrat d’électricité avec l’opérateur Energie d’Ici qui regroupe des producteurs indépendants locaux d’électricité dont les prix n’ont pas connu d’envolée spectaculaire. « Un coup de bol », reconnaît l’artisan. Il n’empêche, le prix du kWh a été multiplié par trois, passant de 0,06 à 0,18 €, soit une augmentation de 25 % de la note.

Le charcutier Eric Luro s’en sort bien avec un contrat d’énergie souscrit auprès du fournisseur l’Energie d’Ici.


Le charcutier Eric Luro s’en sort bien avec un contrat d’énergie souscrit auprès du fournisseur l’Energie d’Ici.

Benoît Rouzaud

Si le patron s’en sort à moindre mal sur ce terrain, il déplore surtout l’augmentation du prix des viandes, observant des hausses allant de 30 à 50 %, notamment sur la volaille. Des majorations répercutées sur les étals. « Je me demande si on aura toujours le potentiel client pour venir nous acheter à manger », confie Eric Luro qui prédit un « avenir « compliqué ». À Bizanos, la charcuterie Luro demeure une institution aux reins solides, entrant dans sa 41e année d’existence. Elle emploie onze salariés et prépare chaque jour 700 repas pour les cantines scolaires grâce à son agrément cuisine centrale.

Heureux dénouement pour Ducassou

Des repas, le restaurateur David Ducassou va bientôt pouvoir en préparer dans l’ancienne cuisine centrale de Lescar fraîchement acquise auprès de la commune qu’il tient à remercier pour son aide. Pour mémoire, son projet consiste préparer à manger pour quatre sites implantés dans l’agglomération, sous la bannière d’une franchise de fastronomie appelée « Hum ». Un dessein contrarié à l’automne principalement par les tarifs de l’énergie qui, selon ses estimations, prévoyaient une facture d’au moins 25 000 € d’électricité par mois. « La moyenne des prix proposée par Engie Pro, TotalEnergies et EDF Pro s’établissait autour d’1,12€ le kWh, sans l’acheminement (+0,10€). Des prix complètement farfelus et aberrants, chaque repas représentant 6 € d’énergie. Un coût qui condamnait notre entreprise », dénonce le chef.

Le chef David Ducassou a rénové l’ancienne cuisine centrale de Lescar afin d’y implanter son laboratoire.


Le chef David Ducassou a rénové l’ancienne cuisine centrale de Lescar afin d’y implanter son laboratoire.

Benoît Rouzaud

La lumière est finalement venue du groupement d’Energie d’ici, implanté à Arudy, qui a proposé un tarif de 0,19 € le kWh. « À ce prix-là, on va pouvoir enfin travailler, cela revient à 1-1,50€ d’énergie par client », détaille le patron qui teste actuellement son outil de production. Le premier restaurant doit ouvrir à Lescar dans trois semaines, entre le 10 et le 15 février. Le second au Hedas suivra un mois et demi après.

Lien source : Agglo de Pau : comment les métiers de bouche font face à la hausse du prix de l’énergie